ITINERAIRE NEWS#8 20 décembre 2012
L'INFO DE LA SEMAINE

Jean-Paul Bonnetain, préfet de Police et Yves Lucchesi, sous-préfet d'Aix-en-Provence

Les grandes manœuvres des convois ITER
Plusieurs grands rendez-vous confirment que les grandes manœuvres pour préparer le passage des convois ITER sont bien en cours. Le dernier en date concerne la réunion du comité de pilotage présidée par le préfet de police Jean-Paul Bonnetain, à Marseille, le 12 décembre 2012. L'occasion de faire un point très détaillé sur tous les sujets administratifs comme techniques et, plus particulièrement, sur la campagne de tests et d'essais prévue en mai 2013. « Nous sommes proches des échéances à tenir. Il nous faut emboîter toutes les compétences et identifier tous les points liés aux prochaines opérations. Il nous faut disposer du calendrier général intégrant chaque étape de sorte à clairement identifier les moments-clés et les questions qui restent à résoudre. Nous ne sommes plus qu'à 15 mois du démarrage des opérations » a-t-il rappelé. D'ici à mai 2013, toutes les questions administratives, réglementaires et d'organisation auront été réglées pour être prêts et savoir gérer toutes les situations qui, de fait, impliquent la responsabilité de différents acteurs. « C'est avec pragmatisme qu'il nous faut traiter chaque situation » a-t-il martelé. La campagne de tests et de réglages techniques, prévue au printemps 2013, sera riche d'enseignements en vue de la répétition générale programmée en fin d'année 2013.

LA PAROLE À...

Pierre-Marie Delplanque,

en charge de la cellule de coordination de l'itinéraire ITER au sein de l'Agence Iter France.

Le rythme s'est accéléré en vue des tests et essais prévus en mai 2013. Il s'agit de réaliser des mesures très précises lors du passage d'une maquette sur une trentaine de points tout au long de l'itinéraire. Le point avec Pierre-Marie Delplanque.

 

Comment préparez-vous cette campagne de tests et d'essais ?
En vue de la mise en œuvre des tests et d'essais prévus en mai 2013, mes priorités visent actuellement trois actions essentielles. La première concerne la réalisation de travaux d'adaptation sur l'itinéraire suite aux résultats de l'étude technique publiée en octobre 2012 par le groupe Daher au sujet de l'utilisation de l'itinéraire grand gabarit de Fos-sur-Mer à Cadarache. Le groupe Daher en charge des opérations de transport a fait un repérage technique en prenant en compte les spécificités des moyens logistiques très particuliers utilisés pour ces transports « hors normes ». Il en résulte un certain nombre de prescriptions qui font l'objet d'une analyse très fine par la Direction régionale, de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) et son cabinet d'expertises Egis, ainsi que du conseil général des Bouches-du-Rhône afin de déterminer la nature des adaptations à réaliser.
La deuxième action concerne la finanisation du dossier d'exploitation de l'itinéraire et du plan de gestion du trafic, qui doit prévoir les mesures à prendre pour faire face à une éventuelle situation de crise routière liés à la circulaion des convois. Ces document constitueront l'ossature de la gestion des opérations (temps de passage, moyens mobilisés, mesures de sécurisation...) et des mesures mises en œuvre.
Enfin, la troisième action porte sur la mise en place des itinéraires de déviation de la circulation (itinéraires S), étudiés par le CETE, en coopération avec les directions des routes des quatres départements concernés (04, 13, 83 et 84) qui permettront de fluidifier le trafic routier en parallèle de l'itinéraire emprunté par les convois ITER.

 

A-t-on déjà réalisé des convois de ce type en France ?
Oui, nous avons  l'expérience acquise avec le transport des convois très exceptionnels Airbus A 380 pour lesquels près de 230 kilomètres de routes ont été aménagés depuis Langon jusqu'à l'usine d'assemblage "Aéroconstellation" à Toulouse Blagnac. A chaque passage d'un convoi Airbus A 380, un important dispositif est mis en place pour veiller à la sécurité des riverains et des usagers de la route, permettre le franchissement des ronds-points en ligne droite et gérer la signalisation routière avant et après le passage des convois. Nous nous appuyons sur leur expérience acquise depuis 2004.

 

Avez-vous prévu une répétition générale ?
Oui, une répétition générale est prévue en fin d'année 2013 pour valider en particulier les temps estimés de passage des convois ITER d'un point à un autre. Elle permettra de tester tous les paramètres et les organisations mises en place, ce qui ne sera pas le cas lors des tests et essais réalisés en mai 2013. Les opérations programmées au printemps nécessiteront des durées plus longues car il nous faut instrumenter de nombreux points techniques (comme des ponts par exemple), réaliser des mesures fines et donc faire passer la maquette au moins trois fois sur chaque ouvrage. Les conditions de cette campagne de tests ne seront donc pas représentatives de celles de la répétition générale.

CALENDRIER

Campagne de tests et d'essais en mai 2013
Le passage d'un convoi de près de 800 tonnes, constitué d'une maquette réalisée spécialement pour cette occasion, sur une trentaine d'ouvrages d'art (ponts, voûtes, canalisations...) entre Fos-et-Cadarache permettra d'enregistrer des données très précises sur leur comportement et de valider leur capacité à recevoir pendant plus de cinq années les convois nécessaires à la construction de la machine ITER.

Quelques points sensibles
Sur l'ensemble des 104 kilomètres aménagés de Fos-sur-Mer à Cadarache, les convois ITER vont nécessiter des opérations techniques spécifiques ou une coordination particulière en certains points. Il s'agit notamment :
A Fos-sur-Mer, de l'embarquement de la remorque avec son composant hors gabarit, sur la barge, pour traverser l'étang de Berre.
Au quai de la Pointe, de l'opération de débarquement de la remorque avec son chargement pour emprunter l'itinéraire routier.
A Lançon-de-Provence, de la traversée de l'autoroute A 7 impliquant une gestion du trafic routier très en amont ainsi que l'ouverture et la fermeture des barrières amovibles de sorte à laisser le convoi franchir les quatre voies.
A Lambesc, de l'opération de changement de direction sur la départementale 7N impliquant une inversion des deux postes de pilotage de la remorque (avant et arrière), de sorte à positionner le convoi en direction de Cazan.
Trois traversées de l'autoroute A 51 dont le contournement du tunnel de Mirabeau nécessitant le franchissement des quatre voies, avant et après le tunnel. Cette opération impliquera une fermeture momentanée de l'autoroute entre Manosque et Pertuis ; le temps de chaque traversée est estimé à moins de 10 minutes.
Le bon déroulement de ces opérations spécifiques implique une coordination entre le groupe Daher, en charge des opérations logistiques et de transport, les équipes de la gendarmerie, les sociétés d'autoroute, les communes et de la cellule de coordination de l'itinéraire ITER.


Un poste de pilotage à l'avant et à l'arrière de la remorque.

DES NOUVELLES DU CHANTIER ITER

A Cadarache (au nord d'Aix-en-Provence), les opérations liées à la construction d'ITER se concentrent actuellement sur trois zones : celle de la réalisation du bâtiment où seront assemblées toutes les pièces de la machine en cours de fabrication en Chine, en Corée, aux Etats-Unis, en Europe en Inde, au Japon et en Russie ; celle où a émergé une nouvelle "zone entreprises" constituée de salles de réunion, vestiaires pour les personnels de chantier construite par l'entreprise espagnole COMSA ; et celle où sont installées des canalisations pour la gestion des eaux de pluie, sanitaires et industrielles. Près de 500 personnes travaillent actuellement sur le chantier ITER.
Du côté des retombées industrielles, trois nouveaux contrats impliquant des entreprises françaises viennent d'être attribués : l'un pour la fabrication des plaques radiales réalisées par la Cnim dans le cadre du consortium constitué avec la société italienne Simic ; un autre concerne Air Liquide pour la fourniture de l'usine cryogénique ; et la société Sacer Sud Est assure les travaux d'enrobés et d'éclairage public dans le cadre des travaux en cours et pilotés par COMSA.


Construction du hall d'assemblage © F4E


Pose de canalisations © F4E.


Tranchée pour les canalisations © F4E


Ferraillage. © F4E

VOS QUESTIONS, NOS RÉPONSES

En cas de fortes intempéries, un convoi pourra-t-il être annulé ?
Oui, un convoi pourra être annulé si toutes les conditions de sécurité ne sont pas remplies. Outre un arrêté de transport exceptionnel signé par le préfet, les convois ITER seront aussi encadrés par des prescriptions particulières renforcées en termes de sécurité correspondant à l'emprunt de l'itinéraire routier, adapté aux contraintes techniques, et en cohérence avec les conventions passées par la cellule de coordination de l'itinéraire avec les gestionnaires de réseaux.

 

Que se passera-t-il si une panne intervient durant le passage d'un convoi ?
Deux situations peuvent se présenter. Une solution est mise en œuvre rapidement et le convoi peut poursuivre sa route dans le planning établi. La panne est telle qu'elle remet en cause le planning de déplacement et dans ce cas, il sera immobilisé. Une cellule de crise sera mise en place, le plan de gestion de trafic déclenché pour activer des itinéraires de déviation de la circulation et ainsi anticiper d'éventuelles perturbations pour les usagers de la route.

 

Comment s'organisera le retour des remorques une fois le composant livré à Cadarache ?
Une fois les composants déchargés sur le site de construction, les modules de la remorque automotrice seront désassemblés, puis chargés sur des camions standards pour être transportés vers Fos-sur-Mer en empruntant les axes routiers classiques, comme tout véhicule.

Vous avez une question ? N'hésitez pas à l'envoyer à sylvie.andre@cea.fr
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