ITINERAIRE NEWS#20 11 avril 2014
NEWS DE LA SEMAINE

Prêts pour les prochains convois ITER

Mardi 8 avril 2014, 3h41. L'immense remorque autopropulsée, encadrée par une vingtaine de véhicules, se présente à l'entrée du site ITER, à Cadarache sur la commune de Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône). Bien avant l'aube, la mission est accomplie : le convoi-test ITER est arrivé au terme d'un long périple terrestre de 104 kilomètres précédé d'un transit maritime d'environ 17 nautiques (31 km). Deuxième du genre, cette opération – la première réalisée avec succès en septembre 2013 a servi à valider le comportement des ponts sous une charge de près de 800 tonnes – a permis aux autorités françaises et aux opérateurs de simuler les conditions réelles de déplacement des futurs convois ITER XXL. Faisant office d'ultime répétition générale, elle a permis de valider l'organisation définie pour les premiers convois réels attendus d'ici à la fin de l'année et d'éprouver son efficacité face aux imprévus. Car, même si on s'attache à prévoir toutes les situations dans le cadre d'une préparation longue et minutieuse, il peut y avoir des surprises de dernière minute. A commencer par une météo capricieuse qui a nécessité de reprogrammer la phase maritime le lundi 31 mars après-midi. En marin très expérimenté, Pierre-Marie Delplanque, directeur-délégué au CEA et responsable de la cellule de coordination de l'itinéraire ITER n'est pas surpris. « La météo commande toujours en matière maritime. Le matin, une forte houle résiduelle traversière dans le golfe de Fos nous a empêchés de réaliser la phase maritime comme prévu le matin. Comme nous avions prévu une marge de sécurité pour faire face à ce type d'aléas, nous avons pu la décaler l'après-midi sans aucune difficulté, dès que les conditions météorologiques sont redevenues favorables pour naviguer en toute sécurité » confirme-t-il. Longue de 79 mètres de long, sur plus de 11 mètres de large, la barge qui supportait la remorque autopropulsée a ainsi réalisé le parcours maritime sans faute. Après avoir quitté le quai Brûle Tabac à 14h30, la barge a rejoint la rive nord-ouest de l'étang de Berre via le canal de Caronte sous les yeux des promeneurs et des pêcheurs au cœur de la ville de Martigues. Elle a accosté à 17h40 au port de la Pointe. Pouvait alors débuter la deuxième phase de cette répétition générale : le parcours des 104 kilomètres de l'itinéraire constitué principalement de routes départementales. Au terme de quatre nuits (du 01 au 8 avril 2014) et après avoir géré plusieurs imprévus (incidents mécaniques sur la remorque conduisant à reprogrammer les étapes en cours d'opération), la campagne de tests est désormais clôturée ; elle ouvre la voie aux prochains convois ITER. Présent à l'arrivée, Osamu Motojima, directeur général de l'organisation internationale, a rappelé que cet itinéraire dont l'entretien et la pérennité sont assurés par l'Agence ITER France « constitue le lien vital depuis les lieux de fabrication des composants répartis dans le monde et leur assemblage ici sur le site d'ITER ». Comme en septembre 2013, la répétition générale a mis en œuvre une remorque autopropulsée supportant le poids de 360 blocs de béton. La prochaine fois, on jouera pour de « vrai » avec le transport des premiers composants réels dont le poids, plus modeste, atteindra tout de même près de 100 tonnes.

 

Entrée dans le canal de Caronte, le 31 mars 2014.


Arrivée sur le site ITER, le 8 avril 2014. (c) IO

Itinéraire ITER, de Berre à Cadarache : 104 km de routes adaptées 

L'itinéraire ITER éprouvé avec succès

La répétition générale a permis d'éprouver avec succès le parcours qu'emprunteront les convois ITER au cours des cinq prochaines années. L'opération a permis de tester les dispositions prises pour limiter les gênes à la circulation autant que les équipements techniques.
Les problèmes techniques qui ont émaillé les deux premières nuits ont conduit à prendre plusieurs dispositions pour limiter d'éventuels impacts sur le traffic routier. C'est ainsi que les opérations durant la dernière phase du parcours terrestre (Meyrargues-Cadarache) ont été reprogrammées pour une arrivée sur le site ITER le 8 avril au matin.

 

Retour en pièces détachées

 

A peine arrivées le 8 avril 2014, les équipes mandatées par la société Daher ont déchargé les blocs de béton (1500 kg chacun) et ont démonté les 88 essieux.

La remorque est repartie « en pièces détachées » sur des camions de transport exceptionnel empruntant le réseau routier traditionnel.


Remorque autopropulsée dimensionnée pour une charge de près de 800 tonnes (352 roues).

Longueur : 33 m. 

Hauteur : 10,60 m. 

Puissance : 1 380 chevaux.

 
L'ORGANISATION

Près de 200 personnes impliquées

Convoyer des composants de très grandes dimensions ne s'improvise pas. Choix des itinéraires, gestion du trafic routier, horaires de passage, véhicules adaptés et autorisations spéciales. Les transports XXL demandent une grande maîtrise. C'est ce qui a été démontré durant la répétition générale. Près de 200 personnes sont impliquées dans ce type d'opération, directement et indirectement : les autorités préfectorales (le secrétaire général de la zone de défense et de sécurité sud qui pilote les opérations sous l'égide du préfet de région en coopération avec le préfet de police), la gendarmerie, force particulièrement visible autour du convoi avec quelque 80 gendarmes chargés de la sécurité et de l'aide à la circulation ; la police ; les pompiers ; les agents des collectivités (41 communes concernées, conseils généraux des Bouches-du-Rhône et des départements des Alpes-de-Haute Provence, de Vaucluse et du Var) ; les sociétés d'autoroutes ; la SNCF compte-tenu de la coupure de la voie ferrée à Meyrargues ; les services de l'état (la direction départementale des Territoires et de la Mer, la Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (Dreal) et l'Agence ITER France en charge d'assurer l'entretien et la pérennité de l'itinéraire adapté aux différents convois ITER. Au cours des prochaines années, il leur faudra gérer près de six types de convois en fonction des caractéristiques des composants qui seront livrés par les pays membres d'ITER. Certains nécessiteront un passage en une nuit, d'autres en deux nuits et les plus imposants effectueront le trajet en trois nuits. 

 
LA PETITE HISTOIRE DE LA RÉPÉTITION GÉNÉRALE

La chasse aux hérissons (extrait de La Provence) 
Durant la troisième nuit (3-4 avril 2014) de la répétition générale, l'escorte de gendarmerie a géré aussi des « chasseurs de hérissons ». Chargés de sécuriser le convoi-test, ils repèrent un véhicule qui force le passage de la bulle de sécurité constituée autour de la remorque qui se déplace entre Charleval et Meyrargues. « La voiture prend la tangente poursuivie par les gendarmes. Les occupants abandonnent soudain leur véhicule et partent à pied dans Saint-Estève-Janson. Mais ils sont vite rattrapés par les gendarmes. Qui vont découvrir, dans leur voiture, des pieds de biche et des marteaux. Prétendant être de sortie nocturne pour s'adonner à la chasse au hérisson, les suspects seront finalement mis en cause dans le cambriolage d'une cave viticole située à Saint-Cannat. L'histoire ne dit pas s'ils y étaient entrés, précisément pour voir si des hérissons y avaient trouvé refuge » raconte Sèverine Pardini-Battesti dans l'histoire du jour de la Provence du 8 avril 2014.

PHOTOS

Il aura fallu deux jours pour assembler les 360 blocs de béton à Fos-sur-Mer.


Le géant bleu fait ses premiers essais de roulage à Fos-sur-Mer.


De nombreuses questions sur le contournement du tunnel de Mirabeau.


L'occasion de comprendre aussi les enjeux du projet. Ici, à Berre.


Bernard Bon, chef du convoi pour Daher avec Pierre-Marie Delplanque (ITER France).


Suivi du déplacement de la remorque par géolocalisation par des experts de Daher.


Colonel Jean Géneau, chef de l'escorte gendarmerie.


A l'arrivée, sur le site ITER.


Avant l'aube, accueil chaleureux de tous les acteurs de la répétition générale par Osamu Motojima, directeur général d'ITER : Daher, gendarmerie, préfecture de Zone et Iter France.


Au centre, Général David Galtier, général de corps d'armée commandant la région de gendarmerie PACA.


Et aussi, Emmanuelle Fabre, journaliste à la Provence et Roger Pizot, maire de Saint-Paul-lez-Durance


Le jour commence à se lever...

VIDÉO

Passage de la barge dans le canal de Caronte sous escorte de la gendarmerie maritime. Source d'inspiration pour les riverains, Alain, ingénieur à la retraite a réalisé cette vidéo.



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