ITINERAIRE NEWS#15 10 décembre 2013
L'INFO DE LA SEMAINE

Appareil de mesure (fil invar) placé sous un pont à Berre l'Etang

Résultats des mesures : positifs !

 

L'itinéraire ITER a été testé avec succès tout au long de ses 104 kilomètres. « Les résultats sont globalement satisfaisants ». C'est le principal enseignement du rapport détaillé que vient de publier le Centre d'études techniques de l'équipement (CETE) Méditerranée. Chargé par l'Agence Iter France d'effectuer des mesures et des contrôles sur les ouvrages d'art qui jalonnent l'itinéraire de Berre-l'Etang à Cadarache, il a remis son étude fin novembre 2013 après avoir analysé et vérifié plusieurs centaines de données techniques. Après avoir validé ses modèles de calcul en modélisant les charges d'épreuves, le CETE « a comparé les résultats des mesures avec ses modèles mathématiques, ceux obtenus par les bureaux d'études d'exécution et lors des épreuves de la campagne de mesures organisée du 16 au 20 septembre 2013 » indique le rapport.
Sur les 31 ouvrages testés lors du passage de la remorque autopropulsée représentant une charge de près de 800 tonnes, 19 ont une portée suffisante pour réaliser une mesure de déformation appelée mesure de flèche. La grande majorité d'entre eux a présenté des flèches sous le passage du convoi conformes aux calculs (flèches théoriques) confirmant le bon comportement de ces ouvrages soumis à une charge très exceptionnelle. Pour les 14 autres ouvrages (ouvrages de soutènement ou de faible ouverture), l'examen visuel avant et après passage de la remorque autopropulsée a permis d'observer, en particulier, l'état des joints ou des maçonneries. Même si les observations pour cinq d'entre eux ne sont pas en l'état préoccupantes, ils feront l'objet d'un suivi particulier : pont à Lambesc, voûtes au-dessus de l'Arc à Berre, du Grand Valat au Puy-Ste-Réparade ou encore du Réal Plantin à Peyrolles-en-Provence. « Ce suivi complémentaire n'est pas source d'inquiétude. Il vise à comprendre avec précision quel est l'impact réel de telles charges exceptionnelles sur les évolutions de comportement de l'ouvrage constatées à certains endroits » explique Pierre-Marie Delplanque, responsable de la cellule de l'itinéraire ITER.

ITINÉRAIRE ITER

Retour d'expérience avec les élus. Ici, en mairie de Pertuis.

Les leçons de la campagne de mesures 2013

 

Depuis le 21 septembre, l'ensemble des acteurs passe en revue les résultats de la campagne de mesures réalisée mi-septembre tout au long de l'itinéraire ITER. Pour la cellule de coordination de l'itinéraire ITER (CCITI) il s'agit, entre autres, de lister les points d'amélioration pour faciliter encore plus le passage de la remorque préfigurant les plus imposants convois d'ITER attendus de 2014 à 2021 (une trentaine sur les 230 convois attendus). La première analyse montre que les ouvrages d'arts et cavaliers protégeant des réseaux souterrains ont bien été dimensionnés. Les appareils de mesure ont enregistré une différence altimétrique allant de zéro à deux millimètres en fonction de l'ouvrage, lors du passage de la remorque sur les cavaliers, le delta acceptable étant de trois millimètres.
« Quelques points impliquent de légers travaux sur l'itinéraire ITER pour optimiser le passage des futurs convois » annonce Karine Clerc, adjointe au responsable de la CCITI. Il s'agit du repositionnement de certains portails et barrières comme l'entrée et la sortie de la piste Suferchoix à Lambesc ou encore à Peyrolles-en-Provence pour les barrières de l'ouvrage de franchissement du canal EDF. Ces équipements seront repositionnés exactement à la perpendiculaire de l'axe d'arrivée du convoi pour faciliter les manœuvres d'accès sur ces ouvrages et donc de gagner du temps sur le déplacement. Le deuxième point d'amélioration concerne le renforcement de certaines parties des pistes provisoires, comme celle qui borde le canal EDF à Lançon-de-Provence ou celle qui contourne le centre de la commune de Peyrolles-en-Provence. Réalisées en graves non traitées, des traces d'ornières après le passage de la remorque autopropulsée pesant près de 800 tonnes ont été relevées. « Au total, sur les 35 kilomètres de pistes réalisées, six zones présentant une forte pente seront recompactées avant d'être recouvertes d'un enrobé » poursuit Karine Clerc. Quelques élagages d'arbres en bordure des routes sont également programmés. Les travaux en cours de réalisation depuis octobre seront terminés d'ici à la fin d'année 2013. Les échanges avec la direction des routes du conseil général des Bouches-du-Rhône sont également engagés en vue de trouver des solutions pour optimiser le démontage et le remontage de milliers de panneaux et de balises.

LA PAROLE AUX MAIRES
« Tout s'est bien passé ! Tout le monde a été très impressionné par la taille de la remorque utilisée durant cette campagne de mesures ». C'est le bilan que dressent,  à l'unanimité, les maires des communes concernées par le passage de la remorque pilotée par Daher, préfigurant les futurs convois ITER les plus encombrants.

Dans le cadre du retour d'expérience organisé avec la cellule ITER de la gendarmerie dirigée par Roland Zamora et l'implication de la cellule de coordination de l'itinéraire ITER, cette rencontre avec une vingtaine d'élus s'est clôturée le 4 décembre avec la mairie de Meyrargues. Tous ont constaté que d'importants efforts avaient été déployés pour faciliter le déplacement des riverains et des habitants des communes. Le bilan des opérations montre que le seul ralentissement sur un kilomètre a été constaté au moment de la fermeture momentanée de l'autoroute A7 dans le secteur du péage de Lançon-de-Provence, le temps de traverser les quatre voies. Le public, venu nombreux au cours des quatre nuits, a témoigné à de nombreuses reprises de son enthousiasme d'assister à un événement majeur. Un seul point est apparu : la gêne momentanée liée au bruit de l'hélicoptère qui a survolé l'itinéraire ITER en début de nuit ...

CALENDRIER

Octobre – Décembre 2013 : rencontre d'une vingtaine d'élus suite à la campagne de mesures réalisées sur l'itinéraire ITER en septembre 2013.

Avril 2014 : prochaine opération de grande envergure sur l'itinéraire ITER
Cette opération, baptisée répétition générale, mettra en œuvre la même remorque autopropulsée qu'en septembre 2013 (masse et gabarit). Elle vise à valider les temps de déplacement, l'organisation mise en place impliquant près de 200 personnes et à faire un exercice de crise pour tester les acteurs. Cette fois, proches des conditions réelles d'un convoi-test très exceptionnel, il est prévu de relier Berre l'Etang à Cadarache en trois étapes :
♦ Première nuit : Berre l'Etang-Lambesc (piste le long de la RD 7n à la sortie de la ville)
 Deuxième nuit : Lambesc – Meyrargues (piste d'accès avant la traversée de l'autoroute A 51)

Troisième nuit : Meyrargues - Cadarache

Station d'accueil du public.

STATIONS PUBLIQUES

Sur le principe mis en œuvre en septembre 2013, deux stations pour accueillir le public seront organisées à proximité de la zone d'arrêt de la remorque autopropulsée :

• l'une à Berre l'Etang,

• l'autre à Lambesc.  

BIENVENUE

Jean Geneau

Le colonel Jean Geneau a rejoint depuis quatre mois la cellule ITER, constituée auprès du général de corps d'armée David Galtier, commandant la région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d'Azur et la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité sud. C'est lui qui pilotera les prochaines opérations des équipes de la gendarmerie en avril 2014 sur l'itinéraire ITER.
Originaire d'Aix-en-Provence, il a débuté sa carrière en Haute-Savoie, à Annecy, dans un escadron de gendarmerie mobile. Il sert ensuite pendant 5 ans dans la gendarmerie départementale, à Nice comme responsable des unités de sécurité routières des Alpes-Maritimes. Puis à Calvi en Haute-Corse, à la tête d'une compagnie, il est en charge de la sécurité publique d'un arrondissement. En 2001, il rejoint pendant quatre ans la direction générale de la gendarmerie nationale à Paris avant d'être admis à l'École de guerre. A l'issue, il est affecté en Algérie, à l'ambassade de France, pour suivre les problématiques de sécurité. De retour en France en 2009, il retrouve les bancs de l'École de guerre, mais cette fois, en qualité de professeur. En 2011, il prend le commandement de la gendarmerie du département des Landes qu'il quittera en août 2013 pour revenir dans sa région d'origine.

DES NOUVELLES DU CHANTIER ITER

La montée en puissance du chantier ITER s'accompagne de l'attribution de contrats majeurs pour la construction de l'installation de recherche à Cadarache (Saint-Paul-lez-Durance). Le consortium GDF-Suez qui regroupe trois filiales (Cofely Axima, Cofely Ineo et Cofely Endel) et le groupe allemand M+W Group a remporté un contrat de 530 millions d'euros pour la conception, la réalisation et la maintenance des équipements mécaniques et électriques de dix-sept bâtiments techniques d'ITER. Ce contrat, attribué par Fusion for Energy (F4E) pour une durée de six ans, prévoit aussi la fourniture d'un puissant système de chauffage, de ventilation et de climatisation. Sur le chantier qui emploie actuellement environ 250 personnes, l'activité s'est concentrée sur la pose de 2 800 tonnes d'armatures métalliques constituant le radier supérieur du bâtiment tokamak. D'ici à l'été 2014, 14 100 m3 de béton (35 000 tonnes) viendront renforcer cette structure.

Vous avez une question ? N'hésitez pas à l'envoyer à sylvie.andre@cea.fr
Pour s'abonner / se désabonner à Itinéraire News cliquer ici
Si vous n'arrivez pas à visualiser cet e-mail, vous pouvez le consulter en cliquant ici